Tourisme durable en 2026 : définition, enjeux, métiers

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Tourisme durable en 2026 : définition, enjeux et métiers

Atlas InstituteMis à jour en octobre 20269 min de lecture

Le tourisme durable est une manière de voyager et de concevoir le voyage qui respecte l’environnement, protège les cultures locales et profite à l’économie des habitants. Selon l’ONU Tourisme (OMT), il repose sur trois piliers indissociables : environnemental, social et économique[1]. Au-delà de la définition, c’est aujourd’hui un secteur qui recrute : voici ses enjeux en 2026 et les métiers pour en faire votre carrière.

Qu’est-ce que le tourisme durable ?

Le mot « durable » est souvent employé à tort et à travers. Avant de parler enjeux et carrières, posons donc des bases solides : d’où vient la notion, ce qu’elle recouvre et ce qui la distingue des termes voisins.

Définition de l’ONU Tourisme (OMT)

L’ONU Tourisme, anciennement Organisation mondiale du tourisme (OMT), définit le tourisme durable comme suit[1][2] :

Un tourisme qui tient pleinement compte de ses impacts économiques, sociaux et environnementaux actuels et futurs, en répondant aux besoins des visiteurs, des professionnels, de l’environnement et des communautés d’accueil. ONU Tourisme / OMT, définition de référence (traduction)

La notion n’est pas nouvelle : l’OMT en a proposé une première définition en 1993, complétée en 2001, et l’Assemblée générale des Nations unies a proclamé 2017 « Année internationale du tourisme durable pour le développement »[3][4].

Deux idées sont à retenir. D’abord, ces principes s’appliquent à toutes les formes de tourisme et à tous les types de destinations, y compris le tourisme de masse[2] : ce n’est pas un voyage réservé à quelques initiés. Ensuite, c’est une démarche continue : l’OMT précise qu’elle suppose de mesurer sans cesse les impacts et de prendre, si besoin, des mesures préventives ou correctives[1].

Durable, responsable, écotourisme : quelles différences ?

Ces trois termes sont souvent confondus. Ils ne désignent pourtant pas la même chose.

Le cadre

Tourisme durable

Un objectif global : réduire les impacts négatifs et maximiser les bénéfices pour les territoires. Il concerne l’ensemble du secteur.

Les actes

Tourisme responsable

Les choix des voyageurs et des professionnels pour y parvenir : prendre le train, rémunérer justement les prestataires locaux, limiter ses déchets. Le tourisme responsable est le chemin, le tourisme durable est la destination.

La nature

Écotourisme

Une forme de tourisme centrée sur la découverte des espaces naturels, avec sensibilisation à leur protection et bénéfice pour les habitants. Tout écotourisme n’est pas durable, et le tourisme durable ne s’y limite pas.

Les 3 piliers du tourisme durable

Les principes du tourisme durable reposent sur trois dimensions que l’OMT demande d’équilibrer : si l’une manque, l’ensemble ne tient plus[1][2].

01

Pilier environnemental

Utiliser au mieux les ressources naturelles, maintenir les processus écologiques essentiels et contribuer à préserver le patrimoine naturel et la biodiversité.

02

Pilier social et culturel

Respecter l’authenticité socioculturelle des communautés d’accueil, conserver leur patrimoine bâti et vivant ainsi que leurs valeurs traditionnelles.

03

Pilier économique

Assurer des activités viables dans la durée, avec des bénéfices équitablement répartis entre les acteurs : emplois stables, revenus, services sociaux.

Un séjour très écologique qui prive les habitants de revenus, ou une offre rentable qui dégrade un site naturel, n’est donc pas durable au sens de l’ONU Tourisme.

Pourquoi le tourisme durable est un enjeu majeur en 2026

Surtourisme et impact environnemental

Le surtourisme désigne une fréquentation qui dépasse ce qu’un site, ses habitants et ses milieux naturels peuvent absorber. La régulation s’installe, y compris en France. Dans le parc national des Calanques, l’accès à la crique de Sugiton est soumis à réservation et limité à 400 personnes par jour en été, contre 2 500 auparavant. L’île de Porquerolles plafonne sa fréquentation à 6 000 visiteurs et celle de Bréhat à 4 700 par jour en semaine au plus fort de l’été[5]. À Venise, la contribution d’accès pour les visiteurs à la journée s’applique en 2026 sur 60 dates réparties entre avril et juillet[6].

À cela s’ajoute l’empreinte climatique du secteur. Deux ordres de grandeur circulent, car ils ne mesurent pas le même périmètre :

5 %

des émissions mondiales de CO₂ d’origine humaine en 2016 provenaient des seuls transports liés au tourisme, selon l’OMT et le Forum international des transports.[7]

8 %

des émissions mondiales de gaz à effet de serre en 2013, tous postes confondus (transport, hébergement, alimentation, achats), selon une étude de Nature Climate Change.[8]

Dans les deux cas, le message est le même : les déplacements pèsent lourd, d’où l’importance des choix de mobilité. Le dérèglement climatique pèse aussi en retour sur les voyageurs : adapter ses dates à la chaleur ou aux phénomènes extrêmes devient courant[9].

Un secteur en croissance, des attentes de voyageurs qui évoluent

Les attentes évoluent, et les chiffres de l’offre aussi. Dans la dernière enquête annuelle de Booking.com (32 500 voyageurs dans 35 marchés, janvier 2026), les réponses sont nettes[9][10] :

85 %

jugent le voyage plus durable important ou très important.[9]

43 %

prévoient d’éviter les destinations surfréquentées.[9]

100 M

de nuitées réservées en 2025 sur la plateforme dans des hébergements certifiés par un tiers.[11]

L’offre suit : la plateforme référence 28 000 hébergements dotés d’une certification de durabilité (+ 22 % en un an)[12], et le label Clef Verte a distingué 2 428 établissements en France en 2025, soit 45 % de plus que l’année précédente[13].

À lire avec recul. Ces chiffres viennent d’une enquête déclarative menée par une plateforme de réservation, et celle-ci relève elle-même un écart entre les intentions et les actes[10]. Autre frein : 36 % des voyageurs ne savent pas où trouver des options plus durables[10]. Dans ce contexte, certains acteurs pratiquent le greenwashing, c’est-à-dire l’affichage d’engagements écologiques non vérifiables. Le secteur a donc besoin de professionnel·les formé·es, capables de mesurer et de piloter de vraies démarches.

Les pouvoirs publics fixent aussi un cap. Le plan Destination France vise à faire de la France la référence en matière de tourisme durable à l’horizon 2030, et Atout France propose aux professionnels la plateforme France Tourisme Durable, avec un outil d’autodiagnostic gratuit en 10 minutes[14]. Côté transports, la loi Climat et Résilience de 2021 interdit certaines liaisons aériennes intérieures lorsqu’une alternative ferroviaire de moins de 2 h 30 existe, ce qui concerne notamment Paris-Orly vers Nantes, Lyon et Bordeaux[15].

Le tourisme durable en pratique : exemples concrets

Mobilités douces, hébergements labellisés, consommation locale

Un tourisme durable, exemple après exemple, se reconnaît à des choix très concrets :

  • Les mobilités douces. Voyager en train, à vélo ou à pied, et limiter les déplacements une fois sur place. Le label Accueil Vélo, par exemple, structure une offre d’hébergement et de services adaptée aux voyageurs à vélo[16].
  • Les hébergements engagés. Gîtes, hôtels et campings qui réduisent leur consommation d’eau et d’énergie, trient leurs déchets et privilégient les fournisseurs proches. L’engagement doit être vérifiable, d’où l’intérêt des labels.
  • La consommation locale. Manger chez des producteurs et restaurateurs du territoire, faire appel à des guides locaux, acheter l’artisanat auprès de ceux qui le fabriquent : c’est le pilier économique en action.
  • La répartition des flux. Visiter hors saison ou dans des lieux moins connus pour soulager les sites saturés. C’est déjà l’intention d’une part notable de voyageurs[9].

Le tourisme durable en France prend ainsi des formes variées : régulation des sites naturels, itinérance, séjours en parcs naturels régionaux, valorisation du patrimoine des territoires. Ce sont autant de terrains d’activité pour les futurs professionnels.

Les labels à connaître

Pour distinguer un engagement réel d’un simple discours, plusieurs labels existent. Voici trois repères pour l’hébergement, avec leurs forces et leurs limites.

Hébergements et restaurants

Clef Verte

Label international (Green Key) déployé en France par l’association Teragir. Il s’appuie sur 100 à 120 critères répartis en 7 thématiques et distingue 6 700 établissements dans 77 pays[13].

Label officiel de l’UE

Écolabel européen

Écolabel officiel porté par les pouvoirs publics, conforme à la norme ISO 14024. Pour l’hébergement touristique : 67 critères dont 22 obligatoires[17].

Certification internationale

Green Globe

Standard reconnu par le Global Sustainable Tourism Council, accordé dès 50 % des indicateurs remplis. L’ADEME relève qu’il ne cible pas les consommations d’eau et d’énergie à l’usage[18].

Un label n’est jamais une garantie absolue. Il faut regarder qui le délivre, selon quels critères et avec quels contrôles. Savoir lire et comparer ces référentiels fait d’ailleurs partie des compétences recherchées dans les métiers du secteur.

Les métiers du tourisme durable (et comment s’y former)

Panorama des métiers

Pour situer le marché : selon l’enquête Besoins en main-d’œuvre de France Travail, le secteur touristique a affiché 2,43 millions de projets de recrutement en 2025[19]. Ce chiffre couvre tout le tourisme, pas seulement le tourisme durable. Des postes dédiés existent pourtant déjà : un parc naturel régional a ainsi publié en 2025 une offre de chargé·e de mission tourisme durable, pour piloter la stratégie touristique du territoire et la qualification de l’offre[20]. France Travail cite aussi, parmi les métiers de l’écotourisme, chargé du développement touristique, agent de valorisation du patrimoine ou responsable d’animation dans un espace protégé[19].

Voici des exemples de postes, auxquels mènent des parcours variés :

Chargé·e de mission tourisme durable ou RSE

En office de tourisme, collectivité, parc naturel ou chez un opérateur, vous construisez et suivez la stratégie d’engagement de la structure.

Concepteur·trice de voyages responsables

Vous imaginez des séjours à faible impact, négociez avec des prestataires locaux et vérifiez la cohérence de l’offre.

Responsable de destination ou de développement touristique

Vous accompagnez un territoire pour organiser les flux, valoriser le patrimoine et associer les habitants.

Responsable d’hébergement ou de site éco-engagé

Vous pilotez la démarche environnementale et sociale d’un hôtel, d’un camping ou d’un lieu de visite, et le suivi des labels.

Guide-accompagnateur·trice, animateur·trice d’espace protégé

Vous faites découvrir un milieu naturel en le protégeant, avec une forte dimension de sensibilisation.

Consultant·e en tourisme durable

Vous auditez des structures, les aidez à obtenir des labels et à éviter le greenwashing.

La liste est loin d’être exhaustive. Pour une vision plus large du marché de l’emploi, découvrez les métiers du tourisme qui recrutent.

Se former : le Mastère d’Atlas Institute

Se former, c’est acquérir à la fois une culture du secteur, des outils de diagnostic et une expérience du terrain. Atlas Institute, école de tourisme post-bac enregistrée au RNCP et certifiée Qualiopi, propose plusieurs parcours : le Cursus Grande École, le Bachelor Tourisme et trois mastères, dont le Mastère Tourisme Durable et d’Aventure, le plus directement tourné vers le sujet de cet article.

Ce mastère s’adresse à celles et ceux qui souhaitent construire une carrière autour de la conception d’offres responsables, de la gestion de destinations et de l’aventure, avec une approche professionnalisante. Retrouvez l’ensemble des formations en tourisme durable d’Atlas Institute pour comparer les parcours selon votre niveau d’entrée.

Un parcours, trois campus : Lyon, Bordeaux, Lille.

Découvrez les lieux d’étude, rencontrez l’équipe et voyez si le Mastère Tourisme Durable et d’Aventure vous correspond.

Découvrir nos campus

FAQ sur le tourisme durable

C’est quoi le tourisme durable ?

Le tourisme durable est une manière de concevoir et de pratiquer le voyage en tenant pleinement compte de ses impacts environnementaux, sociaux et économiques, aujourd’hui comme demain. Il vise à protéger les milieux naturels, à respecter les cultures locales et à faire bénéficier les habitants des retombées du tourisme. C’est la définition retenue par l’ONU Tourisme[1].

Quels sont les 3 piliers du tourisme durable ?

Les trois piliers sont l’environnement (préserver les ressources et la biodiversité), le social et le culturel (respecter les populations et leur patrimoine) et l’économie (assurer des retombées locales et des activités viables dans la durée). L’ONU Tourisme demande de les équilibrer : un projet qui en néglige un n’est pas durable[2].

Quelle différence entre tourisme durable et tourisme responsable ?

Le tourisme durable est l’objectif global : un tourisme dont les impacts sont maîtrisés sur le long terme. Le tourisme responsable désigne les actions et comportements, de la part des voyageurs comme des professionnels, qui permettent d’y parvenir. Les deux notions se complètent plus qu’elles ne s’opposent.

Quels sont les métiers du tourisme durable ?

On y trouve des chargé·es de mission tourisme durable ou RSE, des concepteur·trices de voyages responsables, des responsables de destination, des responsables d’hébergements éco-engagés, des guides-accompagnateur·trices ou encore des consultant·es. Ces postes existent en agence, en office de tourisme, en collectivité, en parc naturel ou dans l’hôtellerie[19][20].

Le tourisme durable recrute-t-il vraiment ?

Le tourisme est un secteur très recruteur : 2,43 millions de projets de recrutement en 2025, selon France Travail[19]. Ce chiffre concerne tout le tourisme et non le seul tourisme durable, mais des postes dédiés existent, comme des offres de chargé·e de mission en parc naturel régional[20]. Un profil qui combine tourisme et durabilité est donc un atout pour candidater.

Comment se former au tourisme durable ?

Plusieurs voies existent après le bac : Bachelor, Cursus Grande École ou mastère spécialisé. Chez Atlas Institute, le Mastère Tourisme Durable et d’Aventure est le parcours dédié, accessible sur les campus de Lyon, Bordeaux et Lille. Le plus simple est de consulter la page des formations en tourisme durable, puis d’échanger avec l’équipe pour choisir le parcours qui vous correspond.